Lu sur le site de la Société de Protection de la Nature du Piscénois : http://spn-pezenas.org/decouverte.html
Copié sur leur excellent PDF : http://www.spn-pezenas.org/textes/publicite_pour_gisement2.pdf
Le plus ancien peuplement humain d'Europe, vieux de 1.57 Millions d’années, à Lézignan-la-Cèbe :
Un homme a quitté son « berceau africain » vers – 2 Ma. On le retrouve en Géorgie, aux portes de l’Europe, à 1.81 Ma. Cet Hominidé c’est Homo Ergaster.
On a découvert, courant 2008, ses restes en Espagne : ils sont datés de – 1.2 à -1.3 Ma. Cette découverte a défrayé l’actualité scientifique : le peuplement de l’Europe était donc bien plus ancien que ce que l’on avait imaginé.
A Lézignan-la-Cèbe, c’est une industrie que nous sommes en train de mettre à jour. Des outils dans un gisement qui livre depuis peu bien des richesses qui dormaient sous une coulée de lave depuis… 1.57 Ma.
Les datations réalisées par la technique argon/argon ont rendu leur verdict : C’est à Lézignan-la-Cèbe que nous localisons la plus ancienne présence humaine d’Europe. Une présence qui se situe à mi-chemin entre l’homme de Géorgie et celui d’Espagne. Une présence qui laisse entrevoir un peuplement très ancien selon un arc nord-méditerranéen. C’est sur les berges d’un fleuve qu’un petit groupe s’est arrêté. Il y a trouvé des galets de quartz assez durs pour tailler ses outils sommaires qui définissent son industrie « oldowayenne » (du nom d’un gisement africain vieux de 2 Ma).

Dans quel but a-t-il taillé ses ustensiles ? A-t-il voulu profiter des restes de repas d’un grand prédateur ? A côté du gisement qui livre les outils nous avons déterminé un amoncellement d’os et de restes de prédateurs qui laissent supposer la présence d’un charnier de tigre à dents de sabre visité régulièrement par des charognards (hyènes…). Ergaster s’est-il emparé pour un temps de cette manne ? Dans d’autres sites où ergaster a été identifié ce type de charognage a souvent été déterminé.

Imaginons un instant un scénario probable :
Ayant visiblement peu d’aptitudes à chasser de grosses proies, Ergaster profite de toutes les opportunités afin d’utiliser au maximum les ressources sur lesquelles il tombe lors de ses déplacements. Ici, à Lézignan, il découvre un charnier. Il se met aussitôt à l’ouvrage : Il utilise des galets en guise de percuteurs. Il frappé sur des roches bien sélectionnées : des basaltes, des silex, et il en tire des éclats et des racloirs pour enlever les restes de chair que les animaux ont épargné.
Une technique de taille :

Quelques outils caractéristiques de l’industrie oldowayenne d’Ergaster :

A-t-il cassé des os pour en retirer la moêlle ? Son activité a-t-elle laissé des traces de boucherie sur certains os ? Existe-t-il d’autres témoignages de son passage, voire même comble du bonheur pour les fouilleurs des ossements humains ? C’est un des enjeux majeur de la future fouille. Ce chantier qui s’ouvre nous permettra de mieux reconstituer cette tranche de vie miraculeusement préservée sous une couche de basalte et que le hasard d’une exploitation carrière nous donne aujourd’hui à découvrir.
Outre les données sur l’homme, les premières fouilles de prospection permettent de dresser une première approche du milieu de vie à l’époque d’Ergaster : C’est tout un environnement que le gisement nous permet d’espérer reconstituer : une occasion très rare ! Un site exceptionnel !
Les grands herbivores du gisement
Equus altidens : (Les restes dentaires de cet équidé sont très fréquents dans le locus 1.)

Eucladocéros :

Les fouilles révèlent d’autres ossements en cours d’analyse : un bovidé du genre leptobos ( sorte de buffle ), une antilope, un petit cervidé, un rhinocéros et un proboscidien ( mammouth méridional ) complètent le tableau actuellement déterminé.
Les grands carnivores du gisement :
Le tigre à dents de sabre : homothérium crénatidens : Reconstitution du tigre à dents de sabre : Homothérium crénatidens

La hyène : Pachycrocuta brévirostris :

Le Blaireau : Meles :

Les fouilles ont également permis de découvrir des dents d’une panthère ( panthéra mosbaschensis ) et celles d’un canidé ( Canis etruscus major.)
La diversité des prédateurs laisse entrevoir un milieu très riche en proies.
Les petits mammifères du gisement :
Microtus : Le campagnol :

Allocricétus :Le Hamster :

Apodémus :Le mulot :

Talpa : La taupe :

Lagomorphe :

Paléo-environnement au temps de l’Homo ergaster, à Lézignan-la-Cèbe, vers – 1.57 millions d’années :

Reconstitution d’une attaque d’un tigre à dents de sabre ( homothérium )sur un grand cervidé ( eucladocéros ). Les hyènes (pachycrocuta) sont chassées de la proie capturée par un second tigre. En arrière-plan trois mammouths méridionaux, des équidés, un rhinocéros.
C’est un écosystème de type africain qui s’est développé dans la zone nord-méditerranéenne à la fin de l’ère tertiaire. On retrouve les mêmes types d’animaux que l’on transposerait aujourd’hui dans une émission animalière sur la savane arborée.
C’est à ce type de reconstitution que nous pouvons parvenir en exploitant au mieux le gisement paléontologique et préhistorique de Lézignan-la-Cèbe. C’est à cette aventure que l’équipe d’Asprogéo en coopération avec la S.P.N de Pézenas vous invite à participer. A partir de cette opération d’étude d’un patrimoine unique nous pouvons créer un bel outil de pédagogie et de mise en valeur d’un territoire.
Le site de Lézignan-la-Cèbe dans l’histoire Homo Sapiens du peuplement de l’Europe :

Ecouter le commentaire d'Yves COPPENS sur France Info : http://www.france-info.com/spip.php?article335389 . __________
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